Histoires de réussites actuelles : Yet Keen Seniors’ Day Centre

Le Regroupement ontarien pour les soins virtuels en santé mentale et en usage de substances mène à l’heure actuelle des entrevues pour mettre en avant des programmes ou des initiatives ayant contribué dans tout l’Ontario à ce que personne ne soit laissé pour compte lors du passage rapide aux soins virtuels de santé mentale et de traitement des dépendances qui s’est produit en raison de la pandémie de COVID-19. En apprendre davantage sur les « Histoires de réussites actuelles ».

Entretien avec Alvis Choi

Coordonnateur des programmes au Yet Keen Seniors’ Day Centre, un programme du Centre de santé communautaire de Somerset Ouest à Ottawa

Quel était le problème ou le défi auquel votre projet visait à répondre?

Le centre de jour communautaire et récréatif Yet Keen Seniors' Day Centre est ouvert quatre jours par semaine. Nous accueillons principalement des personnes âgées sinophones de la grande région d’Ottawa. Avant la pandémie, nos personnes âgées comptaient sur les activités quotidiennes en personne et les activités sociales du centre pour rester actives et engagées. Lorsque la pandémie a frappé, nous avions un défi à relever; en effet, la plupart des personnes âgées (y compris les bénévoles qui animaient les activités) n’avaient ni les connaissances ni les ressources numériques nécessaires pour se prévaloir des services ou des programmes en ligne. Beaucoup de membres n’avaient pas les appareils voulus et internet chez eux. Autre problème, la barrière de la langue, car la plupart de nos membres sont sinophones et, comme on le sait, l’utilisation des technologies numériques demande généralement de comprendre quelque peu l’anglais.

En quoi votre projet a-t-il réussi à réduire la fracture numérique?

Nous avons eu la chance qu’un aîné parmi nos bénévoles ait une expérience opérationnelle des plateformes numériques et, en mai 2020, il nous a proposé d’enseigner le tai-chi via Zoom. Dès lors, nous avons appris individuellement aux personnes âgées qui avaient un téléphone intelligent ou une tablette à utiliser leur appareil pour se joindre au cours.

Nous avons commencé avec un petit groupe, puis avons popularisé nos programmes en ligne parmi nos membres au cours des mois suivants. Nous avons mis en route un cours d’informatique en cantonnais et en mandarin et, grâce à la collaboration de l’organisme Canadiens Branchés et de nos collègues du Centre de santé communautaire de Somerset Ouest, nous avons obtenu des ressources pour offrir un programme de prêts de tablettes pour pallier la fracture numérique. Jusqu’à présent, plus de 80 personnes âgées se sont inscrites aux programmes en ligne et, parmi elles, beaucoup se servent tous les jours avec assurance d’appareils numériques dans le confort de leur maison. Au cours de l’année écoulée, la quasi-totalité de l’encadrement a été réalisée au téléphone et nous avons élaboré des méthodes d’évaluation et des pratiques pédagogiques efficaces pour autonomiser les personnes âgées sinophones. Nous avons aussi fait participer des aidants naturels qui habitent avec les personnes âgées pour encourager un appui durable. Pour toutes les personnes concernées, il s’agit autant d’un appui psychologique que d’un soutien technique. Nous travaillons au rythme des personnes âgées, et la participation virtuelle suscite de plus en plus d’intérêt chez les aînés au fil du temps. 

Si votre projet devait être repris dans d’autres collectivités de la province, quels obstacles faudrait-il surmonter et quels processus ou ressources devraient être en place?

Pendant la pandémie, le temps, la patience, la sollicitude et l’énergie de chaque membre de l’équipe ont été les facteurs décisifs du succès du passage de nos programmes en mode numérique. Pour étendre l’initiative à d’autres communautés dans toute la province, il faudrait trouver et embaucher des conseillers numériques qui soient en mesure d’apporter aux personnes âgées un soutien adapté à leur culture et à leur langue, ainsi que des animateurs qui mettent en œuvre des programmes tenant compte de la langue et de la culture des participants. Outre des ressources concrètes pour obtenir des tablettes et des forfaits de données, nous voudrions nous assurer que les travailleurs de première ligne possédant les compétences nécessaires pour intervenir auprès d’immigrants âgés racialisés soient reconnus et bénéficient d’un appui adéquat.

Les ressources pour les communautés racialisées sont rares en raison de l’oppression systémique de ces dernières. Or, elles aussi ont besoin d’avoir accès à des soins et à des activités appropriés pour s’épanouir pendant et après cette période difficile. Le Yet Keen Seniors' Day Centre a toujours été géré par des personnes de la communauté qui œuvraient pour la communauté, ce qui illustre la façon dont le renforcement et l’autonomisation des communautés peuvent favoriser la création de liens et mener au succès. Nous savons que les communautés marginalisées savent mieux que quiconque ce dont elles ont besoin et il faut donc leur procurer les ressources nécessaires.

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