Histoires de réussites actuelles : Promotion de l’accès aux technologies pour les personnes vivant dans la pauvreté

Le Regroupement ontarien pour les soins virtuels en santé mentale et en usage de substances mène à l’heure actuelle des entrevues pour mettre en avant des programmes ou des initiatives ayant contribué dans tout l’Ontario à ce que personne ne soit laissé pour compte lors du passage rapide aux soins virtuels de santé mentale et de traitement des dépendances qui s’est produit en raison de la pandémie de COVID-19. En apprendre davantage sur les « Histoires de réussites actuelles ».

Entretien avec Angie Lynch

Ancienne présidente du Barriers to Employment and Training Working Group (groupe de travail sur les obstacles à l’emploi et à la formation) de Thunder Bay, coordonnatrice des Services d’identification, clinique d’aide juridique Kinna-aweya

Quel était le problème ou le défi auquel votre projet visait à répondre?

Notre objectif était un objectif d’équité en ce qui a trait à l’accès numérique. La pandémie a mis à nu dans ce domaine des inégalités qui existaient déjà; un an plus tard, elles n’ont toujours pas disparu. Nous voulions fournir aux gens l’essentiel : un téléphone et une connexion internet. Nous considérions que l’accès aux technologies numériques constituait un droit de la personne.

En quoi votre projet a-t-il réussi à réduire la fracture numérique?

Nous avons remis immédiatement des téléphones aux personnes qui en avaient besoin. Notre travail s’est fait à la base. Nous voulions que ce soit aussi simple que possible. Il ne s’agissait pas de prêter un téléphone aux gens, mais de leur en donner un avec un forfait de données gratuit. En rétrospective, nous aurions sans doute dû d’abord évaluer ce dont ils avaient besoin : certaines personnes, par exemple, avaient un téléphone, mais pas de forfait de données. Mais, au début de la pandémie, il nous semblait urgent de réagir rapidement. Même avant la pandémie, nous essayions déjà de fournir des téléphones aux gens, car notre groupe a pour mission de réduire les obstacles à l’accès à l’emploi et à la formation. Nous avions organisé une collecte de téléphones portables, mais la trentaine de téléphones que nous avons récupérés étaient vieux et les données de certains devaient être effacées avant de pouvoir les distribuer. En fait, une collecte n’était pas le meilleur moyen de fournir rapidement un téléphone aux gens. Alors, au début de la pandémie, nous avons changé de cap et avons cherché à obtenir des téléphones neufs et une aide financière.

Nous avons commencé par envoyer une lettre à l’entreprise de télécommunications TBayTel dans laquelle nous lui demandions de faire un don de téléphones, et de fournir l’accès large bande à internet ainsi que des points d’accès wifi dans les parcs, les complexes de logements sociaux et les lieux publics. L’entreprise nous a rapidement répondu et s’est montrée très coopérative. Tout le monde était prêt à nous prêter main-forte. À la suite de quelques conversations, cinq complexes de logements sociaux, dont un pour personnes âgées, ont eu accès à une connexion wifi. TBayTel a fourni les 61 premiers téléphones, qui ont été distribués par le Conseil d’administration des services sociaux du district de Thunder Bay. Notre groupe a ensuite fait une demande de subvention dans le cadre de deux cycles de financement pour pouvoir fournir une centaine de téléphones et des forfaits à des personnes dans le besoin.

Nous avons aussi plaidé notre cause auprès des gouvernements provincial et fédéral. Chez les blancs, les personnes privilégiées qui occupent des postes de pouvoir n’imaginent même pas ne pas avoir de téléphone portable et internet, et ce que cela signifie. Au moins 100 organismes de la province ont signé notre lettre de plaidoyer et nous avons contribué à sensibiliser le public à cette question.

Si votre projet devait être repris dans d’autres collectivités de la province, quels obstacles faudrait-il surmonter et quels processus ou ressources devraient être en place?

J’estime, quant à moi, que ce n’est pas nous qui devrions nous atteler à cette tâche. Les gens devraient disposer d’un revenu mensuel suffisant pour être en mesure de prendre leurs propres décisions en ce qui concerne les technologies. Si les personnes qui touchent les prestations du programme Ontario au travail ou du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées (POSPH) disposaient d’un revenu suffisant, elles seraient en mesure de se procurer un téléphone ou un ordinateur, ainsi qu’un abonnement internet. Dans les communautés rurales ou éloignées, il y a en outre d’importants problèmes liés au manque d’accès aux services internet à large bande. Cette situation doit être réglée sur le plan structurel. La fracture numérique est une question de taille et cette approche parcellaire ne répond pas aux besoins. Autant dire que cette solution de fortune ne suffit pas! Nous avons toutefois réussi à aider quelques personnes, et c’est un début.  

Il est important d’avoir des personnes sur le terrain qui donnent leur avis, des personnes dont les besoins en matière de technologie ne sont pas satisfaits. Si c’était à refaire, nous nous adresserions à elles pour qu'elles s’attaquent au problème, car elles connaissent la situation. Doter les gens d’appareils de cette manière représente un effort considérable. Il faut que tous les principaux groupes d’action contre la pauvreté et des entreprises locales se mobilisent, et que des fonds soient débloqués pour fournir aux gens des appareils fonctionnels. Il est plus facile pour la communauté au niveau local d’activer les choses, car elle est soumise à moins de niveaux d’approbation. C’est un avantage. Je dirais donc aux gestionnaires : allégez les restrictions, lâchez prise et ayez confiance dans le processus.

En apprendre davantage sur les travaux du Barriers to Employment and Training Working Group.

Pour de plus amples renseignements, voici l’adresse courriel de Katie Watson : katie@rootstoharvest.org 

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